lundi 24 juillet 2017

Le courant scientifique des sciences du bonheur



Les cinq sciences du bonheur et en quoi elles sont scientifiques



Les sciences du bonheur sont nées avec le 21éme siècle 
à la fois
·         par une curiosité des scientifiques se rendant compte qu'en matière de sciences humaines ils étaient globalement soumis à un biais négatif depuis l'invention de la psychanalyse par Freud cent ans plus tôt et surtout au fait que les psychologues se préoccupaient à plus de 90% des pathologies et seulement à 7% des états d'épanouissement et
·         grâce au développement de l'imagerie médicale (IRM fonctionnelle) qui a permis de visualiser le cerveau en fonction en temps réel et de balayer ainsi de nombreuses idées reçues sur ce qui était supposé -ou non- nous rendre heureux.

C'est ainsi que l'étude du bonheur a quitté les espaces jusque-là réservés soit aux philosophes soit au Café du Commerce pour avoir, d'abord timidement puis de plus en plus officiellement, sa place dans l'espace respecté des scientifiques.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit la "santé mentale positive" comme un "état de bien-être dans lequel la personne peut se réaliser, surmonter ses tensions normales de la vie, accomplir son travail productif et fructueux et contribuer à la vie de sa communauté."

Le courant scientifique des sciences du bonheur connaît une ampleur considérable dans le monde et se base sur un corpus d’études scientifiques effectuées depuis l'an 2000. Plus de 500 études ont été publiées dans des revues scientifiques ou les média sur le bonheur, l’optimisme, la gratitude, la satisfaction, la générosité, les émotions positives, l’humilité, le pardon etc. et sur leurs applications concrètes dans le monde du travail. Études corrélationnelles, travaux expérimentaux et méthodes d’échantillonnage des expériences sont les principales méthodologies des chercheurs. Les grands pôles de recherche se situent dans les universités essentiellement américaines (University of California Reverside, Harvard, Pennsylvania, Minnesota, Ann Arbor dans le Michigan…) mais de plus en plus en Europe (Londres, et même en France comme la récente Chaire de Mindfulness de l’EM Grenoble). (Source : http://positiveleadership.fr)


1.      La psychologie positive

La plus importante discipline des sciences du bonheur est la Psychologie Positive qui est apparue aux États-Unis en 1998 lors de la présidence du psychologue Martin Seligman à la tête de la prestigieuse American Psychological Association (APA).

Différentes définitions de la psychologie positive se succédèrent et celle qui est retenue aujourd'hui est généralement celle de Shelly L. Gable & Jonathan Haidt, parue en 2005 dans la Review of General Psychology, (2005, Vol. 9, No. 2, 103): "La psychologie positive représente l'étude des processus et conditions menant au fonctionnement optimal des individus, des groupes et des organisations."

En clair, les chercheurs en psychologie positive étudient les traits de personnalité, relations, conditions et institutions favorisant l'épanouissement des individus et le développement de la société.

Aujourd'hui, les recherches en psychologie positive, partie des États-Unis explosent dans le monde entier et révolutionnent les relations humaines personnelles et professionnelles. La France rattrape enfin son retard en proposant des Diplômes Universitaires (DU) de formation à la psychologie positive.



2.      Neurosciences et épigénétique

Les progrès de l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) permettent de voir notre cerveau fonctionner en temps réel et ont ainsi permis d'observer des moines en pleine méditation (expériences sur le moine bouddhiste Matthieu Riccard) et de visualiser ce qu'il se passe directement dans notre tête lorsque nous éprouvons des émotions agréables ou désagréables.

Depuis une vingtaine d'années, ces appareils ont permis de mieux comprendre le phénomène de plasticité cérébrale qui nous prouve que nous pouvons modifier nos comportements tout au  long de la vie. D'autre part, la découverte des neurones miroirs dont le rôle essentiel est de nous permettre d'éprouver de l'empathie pour nos semblables a aussi révolutionné notre rapport aux autres. Les neurones miroirs nous permettent de comprendre à quel point nos émotions sont contagieuses même lorsque nous ne parlons pas.

Enfin, l'épigénétique a découvert les télomères, situés sur les extrémités des chromosomes, qui sont essentiels pour éviter le dysfonctionnement cellulaire: leur longueur réduit avec l'âge, la cigarette ou le stress, et par contre s'allonge lors de la pratique bienfaisante de la méditation. Prédicteurs de notre état de santé et de qui nous reste sans doute à vivre, la biologie des télomères attire l'intérêt significatif grandissant de la communauté scientifique et bouleverse l'humanité qui découvre que rien n'est figé et que nos comportements peuvent aller jusqu'à modifier notre ADN et celui que nous transmettons à nos enfants.

Ainsi neurosciences et épigénétique nous prouvent que nous pouvons à tout instant choisir de modifier nos comportements et en suivant les principes de la psychologie positive développer à partir de bases scientifiques notre bonheur et celui de ceux qui nous entourent.


3.      La mindfulness ou méditation de pleine conscience




Les études scientifiques sur la méditation ont commencé à Harvard en 1958 sur des méditants, puis se sont amplifiées grâce à l'utilisation des appareils d'imagerie cérébrale dans les neurosciences et surtout à l'impulsion donnée par le 14e Dalaï Lama en l'an 2000 (Mind and Life Institute), pour rapprocher la science moderne du bouddhisme et permettre aux chercheurs d'étudier le cerveau d'experts en méditation comme les moines bouddhistes et notamment Matthieu Ricard.

En 1979, Jon Kabat-Zinn, docteur en biologie moléculaire introduit à l'hôpital la pratique laïque de la pleine conscience, pour réduire la douleur et leurs conséquences psychologiques dans les pathologies graves. Peu à peu, il met au point la MBSR, un programme d'entraînement à la méditation en pleine conscience réalisable en huit semaines qui a pour but d'apprendre à ses patients à faire face différemment à leurs souffrances, en découvrant leurs schémas de pensée et de réaction et en développant une meilleur relation à eux-mêmes. En plus du stress, le programme s'ouvre au traitement de l'anxiété, puis à celui de la douleur.

C'est ainsi qu'ouvre la première « clinique de réduction du stress »,   à l'école de médecine de l'université du Massachusetts, l'University of Massachusetts Medical School, qui marque l'intégration officielle de la méditation de pleine conscience dans le champ médico-psychologique.

Jon Kabat-Zinn est aujourd'hui directeur de plusieurs institutions, dont l'association Mind & Life Institut qui organise les rencontres annuelles entre le Dalaï Lama et les scientifiques. A ce jour, 18 000 personnes ont suivi le programme de huit semaines, pratiqué dans plus de 250 hôpitaux. Reconnu  internationalement pour son travail en tant que scientifique, écrivain et professeur de méditation, Jon kabat Zinn a contribué à l’émergence d’un mode de vie plus serein et plus équilibré pour des milliers de personnes dans la société, dans les hôpitaux, les écoles, l'enseignement supérieur, les entreprises, les prisons et le sport professionnel.

Le programme MBSR utilisé dans la gestion du stress, de l'anxiété et de la douleur, dont l'efficacité est prouvée scientifiquement, s'appuie sur la pleine conscience qui est la pratique de base des différentes méditations bouddhistes et que l'on retrouve au cœur des pratiques de maîtrise de soi comme le Qi Gong, le yoga, le taï-chi et globalement les arts martiaux, qui sont somme toutes des méditations en mouvement. (Source : https://www.mbsr-lyon.fr/mbsrh1.html)

Cette présence à soi se base sur l'acceptation, la bienveillance et l'absence de tout jugement critique, quelle que soit l'expérience vécue. C'est une technique laïque où l'on entraîne régulièrement l'esprit à rester concentré. Et qui est pratiqué aussi bien dans le secteur médico-social, l'enseignement et le monde de la santé.


4.      L'intelligence émotionnelle

Pour Daniel Goleman, "l’intelligence émotionnelle est la capacité d’identifier, d’interpréter et de gérer ses propres émotions et faire face à celles des autres."  Elle contribuerait à 80% à la réussite de notre vie.

Quand les psychologues ont commencé à écrire et penser à l’intelligence, ils se sont plutôt concentrés sur les aspects cognitifs, tels que la mémoire et la résolution des problèmes que sur les aspects non cognitifs comme l'intelligence sociale ou émotionnelle.

Ce sont Salovey et Mayer qui ont réellement inventé le terme d’intelligence émotive en 1990 qu'ils ont décrit comme "une forme d’intelligence sociale qui implique de contrôler ses propres sentiments et émotions et celles des autres, de les distinguer entre elles, et d’utiliser cette information pour guider la pensée et l’action de l’individu" (Salovey et Mayer, 1990).

Daniel Goleman, psychologue à Harvard, a ensuite écrit le best-seller populaire « Emotional Intelligence » (1995), dans lequel il a décrit les premières preuves scientifiques de l’importance des facteurs émotifs et sociaux.

Aujourd'hui une branche particulière de la psychologie positive représentée essentiellement par la psychologue Barbara Fredrickson s'intéresse particulièrement aux différents rôles des émotions dites positives et négatives dans notre développement, les deux ayant leur importance mais des rôles différents.

La bonne nouvelle concernant l'intelligence émotionnelle est qu'elle peut se développer tout au long de notre vie.



5.      La rigologie

La rigologie est une discipline psychocorporelle mise au point en 2002 par la française Corinne Cosseron après un tour du monde des techniques de la joie de vivre lui ayant permis de  collecter des techniques issues de nombreuses disciplines ancestrales mais aussi très récentes.

En plus de la psychologie positive, de la méditation et de l'intelligence émotionnelle on y trouve des pratiques de sophrologie ludique et de yoga du rire dont les bénéfices (effets du rire, du jeu et de l'humour sur la santé) sont eux aussi prouvés scientifiquement.

La rigologie a pour ambition de nous reconnecter au meilleur de nous-mêmes et à celui des autres quelques soient les circonstances. Elle se pratique dans tous les milieux, du secteur médico-social à l'enseignement en passant par les entreprises.

Quelques études de référence en sciences du bonheur:
·         La méditation comme outil psychothérapeutique complémentaire : Une revue de question par Berghmann, C., Tarquinio, C., Marina, K., Strub, L
·         Mindfulness-based stress reduction and mindfulness-based cognitive therapy: a systematic review of randomized controlled trials par Fjorback LO, Arendt M, Ornbøl E, Fink P, Walach H.
·         Mindfulness-based stress reduction and health benefits. A meta-analysis par Grossman P, Niemann L, Schmidt S, Walach H.
·         The effect of mindfulness-based cognitive therapy for prevention of relapse in recurrent major depressive disorder: a systematic review and meta-analysis. par Piet J, Hougaard E.
·         The effect of mindfulness-based therapy on symptoms of anxiety and depression in adult cancer patients and survivors: a systematic review and meta-analysis. par Piet J, Würtzen H, Zachariae R
·         The effect of Mindfulness-Based Therapy on Anxiety and Depression : A Meta-Analytic Review par Stefan G. Hofmann, Alice T. Sawyer, Ashley A. Witt, and Diana Oh
·         The Nun Study (lien entre optimisme et longévité)
·         Le ratio de Losada (impact des interactions positives sur la performance)
·         Les forces de caractères (repérer ses ressources pour accéder au mieux-être des équipes)

Sources :


lundi 17 juillet 2017

Accros aux mauvaises nouvelles dans un monde qui va bien mieux qu'on ne le croit !

 

Le monde va de mieux en mieux mais nous ne nous en rendons même pas compte !


Pourquoi ? 
Car nous sommes biologiquement créés pour résister à ce qui cloche afin de survivre.

Le philosophe, Tommaso Bertolotti spécialiste des sciences et de la technologie explique: "Il y a une racine cognitive. Réagir rapidement à une mauvaise nouvelle a permis à nos ancêtres de survivre. Cela nous a rendus plus attentifs à ce qu'il y a de mauvais. C'est aussi lié à la façon dont on pense : nous avons naturellement besoin de résoudre des problèmes ; ce qui est anormal nous intéresse plus que ce qui est normal. Plus l'anomalie est grande, plus ça nous intéresse."

Ce biais cognitif nous empêche de voir que finalement notre monde va de mieux en mieux!

Voici quelques excellentes nouvelles pour gonfler votre moral et vous donner de l’énergie !

- L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) estime qu'environ 2 milliards de personnes ont été libérées de la faim au cours des vingt-cinq dernières années.
 
- Entre les années 1950 et 2010, l'espérance de vie est passée de 50 à 70 ans. En 1960, 25 % des enfants nés dans les pays à revenu faible et intermédiaire mouraient avant l'âge de 5 ans contre 3,5 % en 2015 (source : Banque mondiale).

- Entre 1981 et 2015, la population vivant avec moins de 1,90 dollar par jour est passée de 44,3 % à 9,6 % (source : Banque mondiale).

- En 2050, la couche d'ozone aura retrouvé son niveau initial sur la majeure partie du globe (source : programme Nations unies pour l'environnement, 2015). Le niveau de déforestation en Amazonie brésilienne a chuté d'environ 80 % entre 2004 et 2012 (source : Hecht, 2014, S.B., The Journal of Peasant Studies, #41).


Pour en savoir plus :

Magazine Grazia : "Bonne nouvelle : le monde irait mieux qu'on ne le croit" par Sonia Despez, 16 juillet 2017


samedi 24 juin 2017

Vous voulez vivre à 100% : méditez!


Selon une étude de Matthew A. Killingsworth paru dans la prestigieuse revue scientifique Science en 2010, lorsque nous sommes éveillés, notre esprit vagabonde pendant 47% du temps. Nous ne sommes alors pas présents à ce que nous faisons. En d'autres termes nous ne vivons qu'à mi-temps ! Comment densifier sa vie, en profiter plus largement ? La méditation, la pleine conscience et la pleine présence sont une grande partie de la réponse. Sachez encore que plus les gens ont l'esprit qui vagabonde et moins ils sont heureux…


Ressources : 

  • A Wandering Mind Is an Unhappy Mind, Matthew A. Killingsworth & Daniel T. Gilbert, Science  12 Nov 2010: Vol. 330, Issue 6006, pp. 932, DOI: 10.1126/science.1192439